La première consultation pour Infertilité


 

La première consultation a pour but de:

Déterminer s'il existe réellement un problème de stérilité chez le couple qui vient exposer ses craintes.

si c'est le cas:

Dépister certaines causes simples et pourtant fréquentes dans ce problème de reproduction.

si cette recherche est négative:

Pratiquer un premier bilan suffisant pour situer la ou les anomalies et qui servira de base éventuellement à des explorations plus spécialisées.

1° Existe t’il réellement un problème d'infertilité ?

La règle des deux ans de cohabitation normale sans pratiques anticonceptionnelles n'est pas absolue, et il faut savoir la transgresser en fonction de certains éléments; c'est pourquoi il est nécessaire de faire préciser

L'âge des partenaires:

les conditions quasi expérimentales de l'insémination par donneur ont permis de confirmer que la fécondité de la femme augmente de la puberté jusqu'à vingt-quatre ans, où elle est maximale; elle reste à peu près stable jusqu'à la trentaine puis diminue rapidement.
Chez l'homme, la fécondité est également à son sommet autour de 24-25 ans
La fréquence des rapports sexuels est capitale à apprécier, même très approximativement et compte tenu de ses variations dans le temps. La cohabitation est également importante à faire préciser: chez des couples dont l'un des partenaires a une profession itinérante qui le maintient hors du foyer une partie de la semaine ou du mois, un rapport fécondant a évidemment une probabilité plus faible de se produire.
Certains couples, pour des raisons pratiques de date d'accouchement (cumul des congés annuels, de maternité et parental) n'ont des rapports non protégés que 2 à 3 cycles par an, allongeant ainsi artificiellement le délai conceptionnel.
La probabilité d'anomalies, que la simple clinique permet de soupçonner:

Chez la femme. sur des troubles menstruels de tous les types; sur des antécédents infectieux pelviens ou d'interventions gynécologiques, d'appendicite compliquée:

Chez l'homme, sur un hypogonadisme évident ou, surtout, sur des antécédents: cryptorchidie opérée ou non, atteinte testiculaire inflammatoire ou traumatique, maladies vénériennes, intervention pour hernie ou hydrocèle. etc.

L'interrogatoire est suivi d'un examen clinique des deux partenaires pour dépister ou préciser d'éventuelles anomalies.
Au terme de cette première enquête, on doit considérer qu'il existe un problème d'infertilité du couple dans les limites suivantes, d'ailleurs assez souples:
Plus de deux ans d'exposition chez un couple de moins de trente ans.
Plus d'un an d'exposition chez un couple de plus de trente ans;
Quelle que soit la durée de l'exposition, si l'étape clinique décèle des anomalies certaines (aménorrhée par exemple). Il va de soi que ces données ne sont qu'indicatives et qu'elles doivent être interprétées en fonction de chaque couple. Mais il serait aussi déraisonnable d'entreprendre des explorations complexes chez un couple de vingt ans, marié depuis huit mois et ne présentant pas d'anomalies évidentes, que de laisser attendre un couple de 35 ans, ou un couple dont la femme présente des troubles évidents de l'ovulation.

2° Existe t’il une cause simple à cette absence de conception ?

Certes, l'existence d'une maladie débilitante chronique peut expliquer une baisse de fertilité, mais qui passe en général par l'intermédiaire d'une oligoasthénospermie chez l'homme, ou d'anomalies du corps jaune chez la femme, qui sont des facteurs décelables; de même, le rôle d'une atteinte passagère et récente de l'état général, quel que soit son type, peut être écarté précisément sur la durée du temps d'exposition antérieur.
En réalité, la plupart des problèmes simples pouvant rendre compte de troubles de la reproduction sont d'ordre sexuel.
C'est ici que le rôle du praticien prend le plus d'importance, car, déjà familier avec l'un ou les deux partenaires, il peut obtenir sur ce plan des renseignements précis que le couple répugne parfois longtemps à confier à un autre médecin, fût il spécialiste. C'est ainsi qu'il est relativement facile au praticien de mettre en évidence des éléments tels que:
Rareté des rapports, liée par exemple à une baisse très nette de la libido;
Impuissance complète ou incomplète chez l'homme: absence d'érection, détumescence en cours de rapport, anéjaculation ou, au contraire, éjaculation prématurée " ante portas ".
Intromission incomplète liée aux problèmes précédents ou imputables au partenaire féminin: dyspareunie, vaginisme;
Certaines pratiques ou attitudes sexuelles peu propices à la fécondation.
C'est également le moment de fournir éventuellement au couple un certain nombre d'informations concernant les rapports:
Préciser la période de fécondabilité de la femme qui est maximale au cours des 2 à 3 jours précédant le décalage thermique témoin de l'ovulation;
Corriger certaines impressions, comme la perte de sperme; certaines patientes sont persuadées que la semence masculine s'écoule hors de leurs voies génitales dans les instants qui suivent le rapport, sans avoir eu le temps d'exercer son pouvoir fécondant; en réalité, le sperme, qui ne se liquéfie d'ailleurs qu'après quelques minutes, entre toujours et suffisamment en contact avec une glaire cervicale normale s'il est déposé dans les culs de sacs vaginaux;
Préciser la qualité fécondante du sperme par rapport au rythme des rapports: la mobilité des spermatozoïdes, qui constitue le facteur essentiel du pouvoir fécondant du sperme augmente avec le rythme des éjaculations; cette motilité décroît pour des abstinences de plus de 5 à 6 jours: il semble que la fréquence moyenne de deux rapports par semaine ne soit pas la plus favorable si on en juge par le délai de conception; quatre rapports ou plus par semaine semblent constituer l'optimum : des rapports pluriquotidiens peuvent avoir un effet contraire en raison d'une chute trop importante de la concentration des spermatozoïdes.

 


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